Trouver ma place : un parcours d’aviron inspirant

Trouver ma place : un parcours d’aviron inspirant

par Alison Edwards


Je ne m’étais jamais imaginée devenir rameuse.

Comme c’est le cas de plusieurs personnes qui découvrent l’aviron sur le tard, je suis arrivée au club d’aviron à la recherche d’une activité physique agréable, d’une occasion de rencontrer de nouvelles personnes et d’un moyen de passer plus de temps à l’extérieur. Contrairement à de nombreux rameurs, j’arrivais avec une hémiplégie (paralysie du côté gauche), résultat d’un accident vasculaire cérébral auquel j’ai survécu il y a plus de 30 ans.

Au début, je n’étais même pas certaine que l’aviron soit physiquement possible pour moi, mais j’étais prête à tenter le coup.

L’aviron exige de l’équilibre, de la coordination, du synchronisme et une capacité à faire bouger les deux côtés du corps ensemble avec un rythme fluide et efficace. Au Gorge Narrows Rowing Club, la responsable, l’incroyable Rachel Davis, a pris le temps de m’expliquer les nombreuses façons d’adapter l’aviron à différents niveaux de capacité.

En janvier, j’ai découvert l’aviron sur la magnifique Gorge Waterway à bord d’un deux de couple équipé de flotteurs en étant accompagnée d’un entraîneur expérimenté. J’ai appris à manipuler un aviron. Même si je comprenais ce que je devais faire, l’application des mouvements était une tout autre affaire. C’était difficile, irrégulier et souvent frustrant.

Pourtant, je savais que j’aimais l’aviron et que j’avais besoin de m’entraîner davantage.

Je me suis inscrite au programme Apprendre à ramer pour adultes du GNRC. Chaque technique exigeait de la patience. Chaque petite amélioration semblait être suivie de coups de rame qui ne fonctionnaient tout simplement pas comme je le souhaitais. L’apprentissage de l’aviron était laborieux. Je savais quoi faire, mais mon corps ne coopérait pas toujours.

Étonnamment, au fil des huit séances du programme Apprendre à ramer, un changement a commencé à s’opérer.

Tout a commencé à se mettre en place, un coup de rame à la fois.

Mes gestes sont devenus plus précis. Mes coups de rame ont gagné en régularité. Le bateau me semblait plus stable sous mes pieds et ma confiance grandissait. Je réussissais à faire ce qui m’avait autrefois semblé impossible.

Les défis physiques, cependant, ne constituaient qu’une partie de mon parcours.

Je craignais de m’imposer au sein d’un club convivial et accueillant. J’avais peur de devenir un fardeau parce que je ne pouvais pas porter les embarcations jusqu’au quai ou parce que je n’arrivais pas à les mettre à l’eau et à les sortir toute seule. Je me demandais qui voudrait ramer avec moi.

Au lieu de cela, j’ai découvert quelque chose d’inattendu.

J’ai trouvé une communauté.

Au Gorge Narrows Rowing Club de Victoria, en Colombie-Britannique, j’ai découvert un groupe de personnes qui encouragent sincèrement la participation. Les entraîneurs m’ont poussée à m’améliorer. Mes partenaires d’aviron se réjouissaient de mes progrès. Personne ne s’attendait à ce que je sois la meilleure athlète du club. On s’attendait simplement à ce que je me présente, que je fasse de mon mieux et que j’y prenne plaisir.

Cette acceptation a tout changé.

Pour les personnes en situation de handicap, l’un des plus grands obstacles à la participation n’est pas l’activité en elle-même. C’est la peur de ne pas trouver sa place.

En réalité, les clubs d’aviron regorgent de personnes qui contribuent à leur manière. Certains sont entraîneurs. D’autres sont bénévoles. D’autres encore organisent des événements. Certains encadrent les nouveaux rameurs. D’autres transportent les embarcations. Chacun apporte sa propre contribution.

J’ai maintenant terminé le programme Apprendre à ramer. J’ai surtout ramé en deux de couple avec de l’équipement adapté, mais j’ai aussi participé à des courses en quatre de couple. Je continue d’apprendre et de développer mes habiletés. Je ne parviens pas toujours à manipuler mon aviron parfaitement et il m’arrive parfois de rater un coup de rame.

Cependant, je suis une rameuse.

Et j’en suis très fière.

L’aviron m’a permis d’améliorer ma condition physique, ma confiance en moi et mon bien-être général. J’ai des objectifs à atteindre et des défis à relever, mais le plus important, c’est que ce sport m’a offert un lieu où je me sens la bienvenue.

Mon expérience m’a aussi montré à quel point il est possible de rendre l’aviron encore plus accessible.

De nombreux clubs possèdent déjà la culture et la volonté d’accueillir des para-athlètes, des aînés et des personnes en convalescence à la suite d’une blessure ou d’une maladie. Parfois, les obstacles qui subsistent sont d’ordre pratique plutôt que philosophique. Des quais accessibles, une aide à la mise à l’eau, de l’équipement adapté et de petites améliorations aux infrastructures peuvent faire une différence considérable et permettre à un plus grand nombre de personnes de pratiquer ce sport.

Les bienfaits profitent à bien plus qu’un(e) seul(e) athlète. Des installations accessibles aident les nouveaux rameurs, les membres plus âgés, les personnes en convalescence après des soucis de santé et tous ceux qui pourraient avoir besoin d’un soutien supplémentaire pour aller sur l’eau.

Si quelqu’un m’avait dit il y a quelques années que je ferais de l’aviron, que j’apprendrais de nouvelles habiletés et que j’attendrais avec impatience chaque occasion d’aller sur l’eau, je ne l’aurais pas cru.

Aujourd’hui, dès le moment où je m’éloigne du quai, je ne me demande plus si j’ai ma place ici.

Pourtant, me voilà.

Je n’ai pas trouvé la perfection dans l’aviron. J’ai trouvé quelque chose de mieux.

J’ai trouvé ma place.

Mis à Jour