Stéphanie Marchand : Bâtir une identité et créer des possibilités à l’aide du programme WISH

Stéphanie Marchand : Bâtir une identité et créer des possibilités à l’aide du programme WISH


Quand Stéphanie Marchand a commencé à faire de l’aviron en 2008, elle n’aurait jamais pu imaginer que ce sport allait devenir le fondement de sa carrière. Après avoir découvert l’aviron par l’entremise d’une connaissance à l’école primaire, elle s’est vite sentie à sa place au sein de la communauté de ce sport. Plusieurs années plus tard, voilà que Marchand occupe le poste d’entraîneure-chef du programme d’aviron de l’Université McGill, travaille comme entraîneure au Club d’aviron de Montréal et est l’une des représentantes du Canada au sein du programme sur le parcours de haute performance pour les femmes dans le sport (WISH).

Le programme WISH (l’acronyme pour Women in Sport High-Performance Pathway) est une initiative mondiale d’une durée de 21 mois qui veille au développement des femmes entraîneures dans le sport de niveau élite à l’aide de mentorat, de formation en leadership et de développement propre au sport, en soutien à l’objectif du CIO qui est de favoriser une plus grande égalité entre les genres chez les entraîneurs de haute performance.

« RCA est fier d’avoir joué un rôle dans la participation de Stéphanie au programme WISH, soutenant sa candidature et facilitant son mentorat avec Darvill au cours de ces 21 mois, partage Colleen Miller, gestionnaire de la formation et du développement des entraîneurs. Nous sommes ravis de soutenir des initiatives comme celle-ci, qui aident nos entraîneurs à se perfectionner et à exceller à tous les niveaux de ce sport ».

Le parcours de Marchand en tant qu’entraîneure a commencé peu après sa carrière d’athlète de compétition. « Quand j’ai terminé mes études en 2018, j’adorais mon sport, mais je ne voulais plus faire de compétition, se souvient-elle. Le fait demeure que je voulais continuer d’être impliquée. »

Stéphanie a travaillé pour Rowing Canada Aviron (RCA) durant l’été 2017, alors que le Centre national d’entraînement était situé à London, en Ontario, avant de se lancer dans le métier d’entraîneuse à l’Université McGill. D’abord entraîneure affectée aux recrues, elle a gagné de plus en plus d’expérience en occupant différents postes avec l’équipe universitaire féminine de McGill ainsi qu’Équipe Québec aux Jeux d’été du Canada de 2022. En 2023, elle est devenue entraîneure-chef pour l’ensemble du programme d’aviron à McGill, un poste qui lui a permis de faire profiter l’équipe de son expertise technique et de son engagement profond à veiller au développement des athlètes.

« J’ai beaucoup appris durant mes années U23 comme athlète, affirme-t-elle. Maintenant, j’essaie d’offrir aux athlètes des possibilités que je n’ai pas eues. Je suis fière de leur montrer où se trouvent ces opportunités, peu importe quelle allure celles-ci prennent ».

Cette philosophie est maintenant au cœur de son approche comme entraîneure. Marchand souligne l’importance d’aider les athlètes à gérer le déluge d’information qu’on retrouve en ligne tout en continuant d’offrir un milieu d’entraînement sécuritaire et favorable. « Il y a des ressources partout maintenant, mais elles ne sont pas toutes fiables, explique-t-elle. Une partie de mon travail consiste à aider les athlètes à faire le tri dans tout ça et à s’attarder à ce qui les aide vraiment à évoluer ».

Sa participation au programme WISH, une initiative encadrée par la Solidarité olympique et World Rowing, représente une nouvelle étape de son développement. Le programme permet à des femmes entraîneures d’un peu partout dans le monde de profiter d’une période de mentorat, d’une formation en leadership et d’un réseau de collaboration international. Dans le cas Marchand, elle a aussi pu continuer un stage de mentorat qu’elle avait déjà commencé à suivre avec une des entraîneures les plus respectées au Canada, Michelle Darvill.

« J’ai fait la connaissance de Michelle en 2017 quand je travaillais à Rowing Canada Aviron, indique Marchand. Elle est très humble et généreuse de son temps pour partager ses connaissances. Nos discussions se déroulent naturellement — elle s’enthousiasme, fait part de ses idées et m’amène à réfléchir à des détails techniques ainsi qu’à des possibilités que je n’aurais pas envisagées autrement ».

L’influence de Darvill, en combinaison avec le temps que Marchand a passé à observer les activités de British Rowing par l’entremise de WISH, a façonné sa philosophie d’entraîneure. « Pendant mon passage à British Rowing, ce qui ressortait, c’est à quel point c’était un milieu collaboratif, affirme-t-elle. Les entraîneurs confrontaient leurs idées de façon respectueuse, chacun faisait part de son point de vue et faisait confiance aux opinions de ses homologues. J’ai vu que la haute performance n’est pas nécessairement synonyme de hiérarchie, que ça peut aussi être du travail d’équipe ».

« Ce que Stéphanie a décrit est en phase avec une tendance plus large qu’on voit dans les milieux de haute performance, souligne Darvill. La culture n’est pas seulement quelque chose de souhaitable, c’est le moteur de la performance. Dans les milieux de niveau élite, la culture est présente dans la façon dont les gens communiquent, donnent de la rétroaction et réagissent en matière de reddition de comptes. Ça mène à une sécurité psychologique et ça permet aux athlètes de performer davantage à la mesure de leur potentiel. Un constat comme celui de Stéphanie laisse entendre que si les normes sont à ce point élevées et que le milieu est accueillant et bien aligné, on réussit de façon
durable ».

Marchand cherche maintenant à instaurer le même genre d’esprit de collaboration et de sens de l’identité à McGill. « Quand je suis arrivée en poste, je ne voulais pas changer trop de choses dans l’immédiat, explique-t-elle. Toutefois, une des notions que j’ai apprises par l’entremise de WISH et en observant la façon de faire d’autres programmes, c’est l’importance de l’identité d’équipe. Chaque année, nous revenons ensemble sur cette identité. Nous posons la question : est-ce que ça nous parle encore? À quoi voulons-nous que les gens pensent quand ils parlent du programme d’aviron à McGill? »

L’attention qu’elle porte à la culture et à la cohésion d’équipe s’étend bien au-delà du hangar à embarcations. Marchand encourage ses athlètes à s’approprier leur entraînement et à faire confiance au processus. « Il s’agit d’instaurer un climat de confiance qui va dans les deux sens, dit-elle. Si j’ai des attentes à l’endroit de mes athlètes, je dois aussi avoir les mêmes attentes à mon endroit. Personne n’est parfait, que ce soit l’entraîneur ou les athlètes, mais nous pouvons toutes continuer à apprendre ».

Au cours de la semaine du lancement du programme WISH, la diversité et l’ouverture d’esprit qu’il y avait dans le groupe ont été des sources d’inspiration pour Marchand.

« C’était formidable d’être entourée de 22 femmes provenant d’un peu partout dans le monde, de toutes sortes de sports, souligne-t-elle. Il n’y avait aucune crainte d’être jugée, il n’y avait que du soutien et un sens de l’émancipation. Nous nous encouragions toutes les unes les autres ».

Une discussion avec une consœur entraîneure d’Irlande lui est notamment restée en tête. « Elle a dit qu’elle était satisfaite d’être là où elle était, qu’elle adorait son travail, son équipe, sa famille. Ça m’a fait réfléchir à la façon dont on nous pose toujours la question, ‘quelle va être la prochaine étape dans ta carrière?’. En ce moment, je suis heureuse là où je suis. Il y a tellement de potentiel à McGill. Je veux avant tout chercher à bâtir sur les bases de ce que nous avons, à améliorer nos ressources et à laisser quelque chose de significatif en héritage ».

En prévision de la saison 2026, Marchand a des objectifs clairs : renforcer l’identité d’équipe à McGill, encourager la reddition de comptes chez les athlètes et poursuivre son propre développement comme entraîneure. « Je veux faire tout ce que je fais avec confiance, affirme-t-elle. Apprécier l’endroit où je me trouve et continuer à apprendre au contact des gens qui m’entourent ».

Par l’entremise de WISH, non seulement Marchand évolue-t-elle en tant qu’entraîneure, elle aide aussi à redéfinir à quoi ressemble le leadership dans le contexte de l’aviron canadien. Son cheminement est le reflet de l’équilibre qu’il peut y avoir entre la quête d’excellence et le désir d’être bien ancré dans la communauté. Alors qu’elle continue d’encadrer ses athlètes et de travailler avec des mentores comme Darvill, Marchand nous offre un récit qui témoigne de la puissance de concepts tels que la possibilité, l’adaptabilité et une croissance commune.

ENTRAÎNEURS – RCA 

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